Je viens d'acheter Le 3ème Magazine Pratique du Patchwork qui est en kiosque et j'ai été très surprise en le feuilletant, de voir que mon ouvrage "Lettres du Poilu" est mis à l'honneur !  

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En mai 2014, a eu lieu à Arras, le salon Art'Fil, le club de Sainte Catherine les Arras a organisé un concours dont le thème était "Ne perdons pas le Nord".

A l'occasion du centenaire de la Grande Guerre, 1ère guerre mondiale de 1914 à 1918, j'ai tenu à rendre  hommage à tous les Poilus, Ceux du Commonwealth avec les coquelicots ou poppies, et Ceux de France avec le bleuet.

Au départ, j'étais partie avec l'idée de faire les soldats dans les tranchées. Je me suis rendue à Vimy, au mémorial canadien,

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Puis à Notre Dame de Lorette,

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Mais je ne voyais pas très bien comment faire pour construire mon projet.

J'ai  contacté Monsieur Bétrancourt à Bouchain, passionné d'histoire,  pour savoir s'il possédait des illustrations de poilus dans les tranchées. " Je n'ai pas  d'illustrations mais nous avons les lettres de l'Oncle de Clotilde, Henri Bocquet". Peu de temps avant, j'avais trouvé une illustration  d'un poilu, attablé entrain d'écrire.

Et voilà, l'idée a fait son chemin,  vous connaissez, maintenant,  la génèse de ce quilt !  

Ce sont des extraits des courriers écrits par Henri Bocquet, quelques heures avant son dernier combat !

 

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 Agé de 23 ans, il est basé à Rancourt dans la Somme à 45 km de Bouchain. L'offensive alliée sur la Somme avait pour objectif de rompre le front allemand en Picardie. Entre juillet et novembre 1916, les combats opposèrent des soldats d'une vingtaine de nations ; cette  bataille fit 1 200 000 morts, blessés et disparus.

Bouchain est en zone occupée et Henri ne peut recevoir aucun courrier de ses parents. La correspondance est assurée, tous les jours par la cousine Bosson qui est en zone libre. Elle leur donnera un paquet de 150 lettres à la fin de la guerre.

Cette lettre a été rédigée le matin même de sa mort, le 27 septembre 1916, elle commençait ainsi  :

"le ... je ne sais pas combien... 1916," 

Bien Chers Cousin et Cousine,

Je profite de quelques instants qui me sont donnés pour laisser refroidir mon tube pour écrire ces quelques lignes. Ca barde dur et ferme ! J'en suis sourd oh ! mais comme un pot. Vous avez beau m'aimer, je parie bien que vous n'oseriez m'embrasser. Je suis affreux. De la poussière, de l'huile me maculent la figure, pas le temps de se débarbouiller ; il n'y a pas de flotte non plus. Le peu qui nous est amené est vite consommé : tout le monde a soif.... Malgré cela je ne m'en fais pas, je suis bien le poilu que représentent certaines caricatures.... Je termine vous adressant un affectueux bonsoir et vous embrassant de tout coeur".  Henri Bocquet

Trois jours plus tôt :

Bien Chers Cousin et Cousine,

A la hâte, je vous griffonne ces quelques lignes. Les loisirs me manquent un peu ; demain et après demain, je serai encore plus absorbé, c'est pourquoi je tiens à vous écrire la présente aujourd'hui. Je suis à la veille d'un grand évènement ! Que va-t-il se passer ? Attendons quelques jours, l'avenir l'apprendra.

Surtout, ne vous faites pas de bile pour moi, j'ai confiance, ça marchera. On ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs.

Je peux très bien en revenir comme aussi y rester. Je n'ai pas la chance de dire au revoir aux Parents, je compte sur vous pour être mon intermédiaire. Si je tombe après l'orage, vous leur communiquerez cette missive afin qu'ils puissent constater que jamais ils n'ont été oubliés.

A l'instant, je relis la dernière lettre reçue de Papa, je puise en ces quelques belles expressions : force et courage; Ce petit papier est sacré, sur la poitrine, il a sa place, c'est mon étendard.

Je vous quitte, suis très pressé, au revoir, au revoir, je vous embrasse tous bien affectueusement, votre tout dévoué

 

H.Bocquet

Voici les détails de cette réalisation :

J'ai  coloré un drap ancien en bleu horizon pour rappeler l'uniforme des poilus, tacheté de brun pour la terre des tranchées.    

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 Le texte est  écrit à la machine à coudre,  en piqué libre, j'ai simplement matérialisé la ligne d'écriture. Je me sers de l'aiguille comme d'un crayon. 20140426_175115

 

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Toujours en piqué libre, la silhouette du poilu, qui une fois colorié par mon garçon était beaucoup plus réaliste ! 

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 Merci à Clotilde Bocquet (nièce de Henri Bocquet)  et son mari Maurice Bétrancourt  pour m'avoir fait confiance en me donnant  ces écrits .

Merci à Djé,   pour son aide précieuse et qui a si bien traduit, en couleur,  la solitude et la résignation de ce poilu.

et un grand grand merci à vous toutes et tous qui avez apprécié mon travail !

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 Je vous souhaite une belle journée !